Habiter écologique : mode d'emploi

Dossier de réflexion pour habiter écologique - version 2, avril 2014

Aujourd’hui, chacun cherche à réduire sa consommation énergétique, souvent pour des raisons financières, mais également par conscience environnementale. La société à 2000 watts, une vision née en 1997 à l’EPFZ, vise à réduire par trois la consommation énergétique de la Suisse. Cette société est la vision d’un avenir durable, dans lequel chacun ne consomme que l’énergie qui lui est réellement nécessaire. 2000 watts correspondent à la moyenne actuelle mondiale de la consommation énergétique pour une personne. En ce qui concerne la Suisse, ce niveau correspond à celui de 1960, période marquant le début de la grande croissance économique.

En matière de développement durable, il est nécessaire de se poser une multitude de questions lors du choix de son logement : quelle énergie quotidienne consomme-t-il ? Comment limiter ces dépenses énergétiques ? votre consommation d’espace n’est-elle pas excessive par rapport à vos besoins ? Quelle est sa situation par rapport aux lieux de travail de votre famille ? Votre manière de vivre est-elle compatible avec des objectifs de durabilité ?

Ce document est la deuxième édition d’un dossier intitulé «habiter écologique: aide mémoire», réalisé en 2007 par TRIBU architecture. La nouvelle version se présente sous forme d’un guide et propose des données à jour exprimées en kWh, unité mesurée par les compteurs électriques et comptabilisée dans votre facture d’électricité.

Pour simplifier le discours, ce mode d’emploi se limite à la question de l’énergie consommée directement et indirectement par votre habitat. Il présente de manière simple les facteurs influençant votre bilan énergétique dont il faut tenir compte lors du choix de son logement. Il ne traite pas de gestion de l’eau, de qualité de l’air, de bruit...questions importantes mais non quantifiables en kWh. A la lecture de ce mode d’emploi, vous constaterez qu’on ne peut se satisfaire d’un label pour pouvoir garantir habiter écologique. Une labellisation certifie qu’un objet répond à un standard énergétique mais ne traite que de certains critères.
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Habiter écologique, un mode de vie !
Les calculs présentés dans cet aide-mémoire ne tiennent pas compte des aspects économiques (voir le dossier Habiter économique : mode d’emploi), notament de l’augmentation continue du prix du baril de pétrole, des taxes CO2 sur les combustibles (huiles de chauffage), ou l’introduction de la future taxe CO2 sur les carburants. Outre leurs conséquences sur votre bilan énergétique, vos choix auront à l’avenir de plus en plus de répercussion sur le coût de votre vie.
Se loger est un besoin fondamental. Il est important d’en maîtriser la consommation énergétique et ses conséquences sur notre environnement. Comme on peut le voir sur le graphique ci-contre, les dépenses énergétiques principales de votre habitat sont dues à deux causes principales:
- la mobilité induite par l’habitat : on peut constater les différences importantes entre les personnes qui se déplacent peu ou beaucoup, de même qu’entre les moyens de transports utilisés (mobilité douce, transport public ou voiture)
- l’utilisation (chauffage, eau chaude, électricité) : à ce sujet, s’il est effectivement utile d’améliorer la durabilité des nouvelles constructions, l’enjeu principal réside avant tout dans l’amélioration des qualités énergétiques du parc immobilier existant (cf graphique /1).
L’habitat représente une part importante de notre consommation énergétique. Mais c’est bien sur l’ensemble de nos modes de consommation qu’il faut agir et adopter un comportement responsable : dans notre alimentation, nos loisirs, nos déplacements, etc. Par exemple, un aller-retour Zürich-New York consomme l’équivalent de 515 kWh/personne, soit 5 ans de consommation par personne dans un appartement de 4 pièces correctement isolé (standard 2007)!

Habiter écologique est un mode de vie, un ensemble de choix et de comportements éco-responsables qui ne peut se réduire à l’obtention d’un label.
En définitive, l’énergie la plus renouvelable sera toujours celle que l’on ne consomme pas.