Habiter économique: mode d'emploi

Dossier de réflexion pour habiter économique

Se loger coûte de plus en plus cher en Suisse et le coût du logement pèse
lourd dans le budget des ménages. Ils y consacrent en moyenne 1/4 de leur
revenu mensuel. Pour les ménages les plus modestes, cette charge atteint
1/3 du revenu mensuel et la part des ménages pouvant prétendre à un
logement social ne cesse d’augmenter : c’est le cas aujourd’hui de 66% des
lausannois.
Ces tendances alarmantes sont dues à la pénurie qui sévit aujourd’hui dans
les agglomérations. Le taux de vacance des logements est dramatiquement
bas et les coûts des loyers ne cessent d’augmenter. Les locataires se retrouvent
fragilisés par les difficultés à trouver un logement, ne font plus valoir
leurs droits et sont souvent contraints d’habiter dans des logements inadaptés
(trop grands ou exigus, énergivores, mal situés et de moindre qualité).
Les prix de vente sont devenus exorbitants, profitant aussi de conditions bancaires
actuellement favorables. Les nouveaux propriétaires s’endettent sans
garantie d’avoir encore la capacité d’assumer leurs emprunts une fois les taux
hypothécaires revenus à des valeurs normales.
On le voit donc, l’enjeu majeur du logement est aujourd’hui son coût.
Le présent mode d’emploi fait état de toutes les pistes à explorer pour réduire
les coûts du logement. Les réponses proposées montrent qu’on ne peut se
satisfaire des économies sur les coûts de construction et qu’il est nécessaire
d’agir aussi sur d’autres coûts induits : les coûts du terrain, du projet, financiers,
de l’exploitation et de la localisation. Il s’adresse à toutes les personnes
concernées par le logement : locataires, propriétaires, promoteurs, architectes,
responsables politiques, etc.
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Tout compter!
Le logement pèse en réalité plus lourd dans le budget que le simple loyer
ou les intérêts des emprunts. Lorsque l’on parle de « coût du logement », il
est important de tout compter: la charge foncière, le coût de construction,
les charges réelles d’exploitation et les frais liés à la localisation. Ainsi,
l’économie de loyer réalisée en s’éloignant de son lieu de travail et de son
réseau social se transformera en dépenses supplémentaires liées à la
mobilité. Il ne faut pas négliger non plus l’ensemble des services offerts par
la collectivité à proximité du lieu de résidence. Par exemple, les solutions de
garde d’enfants pourront devenir un véritable casse-tête économique si le
logement est mal situé.

Compter correctement!
La valeur d’un bien dépend de paramètres objectifs et subjectifs. La valeur
réelle d’un bien est peut être très différentes de sa valeur à la vente (valeur
vénale), particulièrement en période de pénurie. En effet, la rareté produit de
la spéculation et une hausse artificielle des prix. Les propriétaires doivent être
vigilants et anticiper les prochaines hausses des taux d’intérêts comme les
travaux d’entretien.

Faire les bons choix!
Individuellement, le choix des équipements et des matérieaux ont une
influence relativement faible sur le coût global. Mais le cumul de ces coûts
aura un impact réel sur le loyer.
Au-delà des aspects sociaux et de ses conséquences écologiques,
l’habitat individuel coûte plus cher à ses habitants et à la collectivité que
l’habitat collectif. La tendance au retour dans les agglomérations aura des
conséquences positives sur le coût des logements.

Se doter de véritables politiques du logement!
La politique du logement ne doit plus se limiter aux aides améliorant
l’accessibilté des logements aux revenus modestes. Pour lutter contre la
pénurie de logements et de ses effets, elle doit également mener aujourd’hui
une politique foncière active et intégrer les mesures d’aménagement du
territoire. C’est dans ces moyens que résident les meilleures perspectives
pour diminuer le coût des logements. La responsabilité en incombe aux
collectivités publiques et en définitive aux citoyens!