Tours: mode d'emploi

Dossier de réflexion sur les tours | décembre 2012

Depuis quelques années, on constate un retour des projets de tour dans l’agglomération
lausannoise : Tour de Chavannes, Tour Taoua, Tour de Bussigny
dont le PPA a échoué en votation populaire, etc. Les débats sur ces projets
sont généralement passionnés et passionnels et démontrent qu’il est urgent
de se doter de bases claires pour mener un débat objectif, pour évaluer de
tels projets et au final pour pouvoir se décider.
Une étude sur l’agglomération lausannoise a été promise depuis longtemps
mais tarde à sortir. Redoutant qu’elle ne soit jamais rendue publique ou
qu’elle ne soit jamais validée par le Projet d’Agglomération Lausanne-Morges,
TRIBU architecture propose aujourd’hui un document faisant un large tour
des questions à aborder avant de juger de la pertinence d’un projet de tour. En
adoptant une posture indépendante et objective, l’étude sert ainsi d’aide à la
décision et propose un mode d’emploi, utile pour accompagner sereinement
les débats urbanistiques à venir.
Ce mode d’emploi s’adresse à tous les publics concernés par la création de
tours : les citoyen-ne-s appelé-e-s à se prononcer lors de votes sur la légalisation
de plans d’affectation, le voisinage lors des enquêtes publiques, les
promoteurs de projets de tours, les collectivités publiques, etc.

Le dossier complet en format PDF

LFM, informations: interview de Laurent Guidetti en format MP3
Le Temps: Apprendre à apprécier les tours: Mode d'emploi en format PDF
24Heures: Des architectes relancent le débat sur les tours en format PDF
RTS La première "les petits matins" en format MP3

1/ A quoi sert une tour ?
A voir et être vu !
La hauteur permet de dominer le paysage lointain. Une tour constitue
un belvédère qui offre un point de vue particulier sur le territoire : c’est
le cas de la tour de guet ou d’observation comme la tour de Sauvabelin
à Lausanne.
Dans les tours récentes, les derniers étages intègrent souvent des
espaces accessibles au public tels que des restaurants, bars ou salles
de conférence offrant au visiteur une vue unique et spectaculaire sur le
paysage.
Mais si le bâtiment permet de voir loin, il est aussi vu de loin et
confère un statut privilégié à ses usagers. Une tour constitue un repère
qui marque l’endroit où elle est implantée et le rend visible à grande
échelle. Elle s’insère dans le grand paysage et peut donc modifier le
profil de la ville, son rapport au paysage ou la place des autres bâtiments
émergents (cathédrales, bâtiments phare...).
La forte visibilité est donc un des fondements de la tour. A priori il n’y
a donc aucune raison d’exclure l’implantation de tours sur une crête ou
sur le bord d’un lac.

2/ Doit-on cacher une tour ?
Non, une tour doit se montrer !
Par sa visibilité et sa singularité, une tour a une dimension monumentale.
Cette visibilité est précisément recherchée afin d’imposer son
image à une grande échelle.
En tant qu’outil de représentation, une tour assure la renommée, la
notoriété de l’institution, la religion ou l’entreprise qui le construit.
Elle peut aussi servir à marquer un lieu, un quartier ou même une ville
dans son ensemble. C’est le cas de la tour Eiffel qui est devenue le
symbole parisien par excellence. Sans être une tour, le Rolex learning
center de l’EPFL répond à cette même stratégie « marketing » :
accroître la renommée de l’EPFL bien au-delà de la région. L’exploitation
de l’architecture ou de la renommée de ses auteurs est largement
prioritaire sur la capacité du bâtiment à répondre à sa fonction de
bibliothèque. Cette caractéristique s’applique également aux tours,
pour lesquelles la fonction de représentation prime sur l’usage.

2/ Doit-on cacher une tour ? (suite)
Les villes entre elles cherchent à avoir la tour la plus haute. Une tour
symbolise le dynamisme et l’influence de toute la ville. On retrouve
aujourd’hui la Prime Tower, la plus haute tour de Suisse, dans de nombreuses
publicités. Elle représente le dynamisme de la ville de Zurich
et marque sa porte d’entrée en agissant comme un phare pour ceux
qui arrivent en train ou en voiture.
De tout temps, la tour est l’enjeu de rivalités. A San Giminiano, les
tours servaient à l’origine à faire sécher les tissus teintés. Rapidement,
elles ont symbolisé la puissance économique des différentes familles
qui ont cherché par la suite à bâtir la tour la plus haute. Aujourd’hui
encore, une tour est souvent un moyen de montrer la puissance de
l’entreprise (banques, médias). Dans les pays occidentaux, c’est cette
fonction de représentation du pouvoir économique qui est la plus fréquente
alors qu’ailleurs ou à d’autres époques la construction de tours
était réservée à l’expression d’autres symboles, religieux ou politiques.
La tour incarne les valeurs fondamentales de notre société. C’est pourquoi,
il est fondamental de pouvoir mener un large débat autant sur les
tours que sur les valeurs qu’elles véhiculent.

Le dossier complet en format PDF

LFM, informations: interview de Laurent Guidetti en format MP3
Le Temps: Apprendre à apprécier les tours: Mode d'emploi en format PDF
24Heures: Des architectes relancent le débat sur les tours en format PDF
RTS La première "les petits matins" en format MP3